Indignés : quand les CRS s’invitent aux réjouissances

À l’heure actuelle, qu’est-ce qui représente le plus gros danger pour l’ordre public ? Si l’on en croit leur présence soutenue autour des rassemblements, ce sont bien les indignés qui sont au cœur de l’attention des CRS…

Pour la journée internationale des indignés, Madrid a fait le plein avec entre 35.000 et 40.000 personnes défilant et, pour reprendre les mots de « acampada Madrid », « envahissant la rue ». Ils ont donc pris la rue : pour échanger, parler, ne pas rester invisibles comme dans les médias espagnols. Oui, la plupart des télévisions espagnoles ne parlent que des indignés français ou grecs…

Pas un mot ou très peu sur les évènements de Barcelone, Madrid, Séville…

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Les indignés s’offrent la mairie de Paris

Au même moment, les indignés français affluaient avec un effectif de 700 « citoyens ». Le parcours devait converger sur la place de l’Hôtel de Ville. Là, le maire a fait savoir que la place n’était pas disponible pour des raisons de préparation de la fête de la musique.

Mais, comme sur Facebook, on a eu un ajout « indésirable ». Petit détail : en face de la mairie de Paris, les indignés ont été rejoints par des 400 « nouveaux amis » qui n’ont toujours pas respecté le dress code.

En fait, c’est sûrement un souci d’explication et les indignés en sont fautifs, ils le reconnaissent bien volontiers. Les petits précaires n’ont pas assez communiqué sur le fait qu’ils étaient pacifiques, sans carte ou affiliation politique ou appartenance à un corps social ou un autre.

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Des invités surprise en uniforme

Le problème des indignés sur la place de l’Hôtel de Ville, c’est qu’ils se sont retrouvés comme sur Facebook avec « 400 ajouts d’amis » assez improbables. Oui, ils étaient très nombreux. Comment les intégrer ? Difficile aussi…

Bon d’abord, le dress code. Cela ne va pas du tout. On ne peut quand même pas venir vers les indignés avec un casque, un bouclier, des menottes, une cuirasse. Non, c’est un peu voyant, même si les indignés ont de la sympathie pour le calvaire des métiers de la sécurité publique.

On a toujours dit qu’il fallait venir en tant qu’homme ou femme sensible à cette « démocratie réelle ». Là, c’est trop voyant.

En plus, les 400 « nouveaux amis » sont venus avec leurs attirails… alors que « l’acampadaparis » avait surtout porté des chaises, des tentes, des tables et enfin des salades et des chips…

Les « 400 facebookiens » se sont ramenés avec leurs gadgets de fête foraine : barrières antiémeutes, six bus pour les interpellations, des Flash-ball, des lance-fumigènes et enfin, toutes les nouveautés pour partager l’information, « vidéastes » braqués sur la foule, talkie-walkies à l’ancienne crachotant en plein discours…

Là c’est le pire : on écoute les orateurs, ou on fait semblant… C’est un minimum !

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Non, là vraiment, le dress code c’est déjà pas facile, mais si en plus, ils amènent leur « doudou » et leur « blamblam » (comme les nounous) sécuritaire un peu voyant… on ne pourra pas les accepter. Sur les réseaux sociaux, à la rigueur, on aurait pu s’arranger pour les intégrer au « mouv ». Mais là, c’est pas possible. Surtout que ça fait beaucoup de frais tout cela.

Matraques et fumigènes contre bisounours

C’est dur pour les indignés de refuser de telles marques de sympathie de leurs fans. Mais là, le préfet de Paris n’a rien compris à notre mobilisation. On se propose de lui expliquer. Les « black bloc » ne sont pas chez les indignés. Les anarchos ne viennent non plus. Les indignés sont « gentils » et ils aiment les « bisous »… C’est d’ailleurs ce qu’ils scandent habituellement quand ils voient leurs nouveaux amis.

Ce dimanche, une fois que le rassemblement s’est figé à la mairie de Paris, une bonne partie des leaders des indignés s’est décidée à « lâcher ces lourds ». Faut dire que c’est pas sympa. Ils s’invitent, ils font des efforts, des frais… et nous on se casse en douce. De toute manière, c’est toujours difficile à dire à quelqu’un quand il est pas dans le trip…

Les indignés sont alors partis vers le parvis de Notre-Dame. Là, au milieu des touristes, on s’est dit que ce serait un bon moyen de rappeler les principes de la « démocratie réelle » ouverte au monde. Mais voilà, au bout d’une demi-heure. Les mêmes… 200 indignés assis sur le parvis et « l’ajout d’amis massif »… Là, 400 personnes en uniforme de CRS, flics en civil, des RG, des commissaires divisionnaires… pas trop bien déguisés… Ils n’avaient pas compris…

C’est pas un apéro Facebook, faut respecter les règles… Et surtout, le préfet n’avait pas compris que les indignés avaient leur moyen de transport… Inutile de les ramener en bus, on avait tout prévu…

Même le recteur de Notre-Dame de Paris, malgré son âge, avait visiblement compris les indignés stationnés sur le parvis… Alors, un préfet quand même… On peut pas imaginer que lui, le maire de Paris, et le ministre soient aussi déconnectés de la réalité…

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Les forces de l’ordre n’ont-elles pas mieux à faire ?

Enfin, trêve de plaisanteries. Le mouvement des indignés est pacifique, il veut seulement des endroits de rassemblement pour échanger et discuter librement. Sans avoir une forme de présence psychologique menaçante de la part des forces de l’ordre.

Au vu de leurs effectifs et de leur matériel, leur sortie a dû coûter autour de 50.000 euros. Autant d’escadrons, avec tout cet attirail, c’est ridicule surtout pour des gens qui sont dans une logique de non-violence. Le préfet, la mairie de Paris et l’État en veulent aujourd’hui à ceux qui montrent que les statistiques d’échec de l’insertion, de l’emploi deviennent réelles.

Oui, les indignés dérangent, car ils matérialisent le chômage de masse, l’échec des guignols qui pensent des discriminations entre pauvres. Les indignés sont une sorte de coin planté dans le cœur d’un arbre démocratique pour mieux montrer l’incurie de notre système devenu absurde.

L’État se sent si faible qu’il ordonne de « coller » les indignés de manière à ce qu’aucun rassemblement ne puisse déboucher sur des discussions, des assemblées générales. C’est un harcèlement policier, politique assez mesquin. C’est plus qu’une histoire de dress code. C’est l’illustration d’une pauvre manière de gérer la liberté de rassemblement et d’expression. Ceux qui mènent cela ne sont plus des démocrates.

Source.

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À propos de Réelle Démocratie Calvados

Le monde bouge et nous ? Chaque jour le peuple lutte en occupant les places publiques,que se soit à Madrid, Athènes, Paris, Rennes, Nantes, en Angleterre, aux États Unis d’Amérique, et depuis le mois de juin 2011 dans le calvados (Bayeux, Caen, Lisieux, Vire)… Si vous n’en pouvez plus d’alimenter un système où l’argent règne, où l’économie prime sur les valeurs humaines, un système basé sur la consommation à outrance qui détruit la planète, rejoignez-nous ! Les médias, à la botte de l’état, nous inondent d’un flux de pubs et d’inculture qui nous abrutissent et nous privent de toute volonté d’avancer, d’être, de rêver, d’agir… Ce système creuse à outrance les écarts entre les riches et les pauvres, privatise et engraisse une nouvelle aristocratie qui se pense intouchable. Ces élites nous exploitent, nous maltraitent. Leur cupidité et leur bêtise font (les) lois. Alors rejoignons toujours plus nombreux le mouvement ! Montrons notre indignation nuit et jour en allant occuper la place publique de Caen ou d’autres villes du Calvados. Discutons, échangeons, dansons, chantons, campons, partageons, expérimentons un nouveau mode de vie alternatif tous ensemble !

Publié le 27/01/2012, dans Le mouvement en France, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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